Longtemps avant le chemin de fer, le moyen le plus rapide et le plus utilisé pour passer d’une rive de la Meuse à l’autre était le passeur d’eau. Les départs des passages étaient à Frêne et à Tailfer.

La maison du passeur d’eau à Tailfer.©

Chaque passage était une aventure car effectué en toute saison. Difficile aujourd’hui de réaliser ce que pouvait être ce moyen de transport quand on connaît les nombreuses possibilités offertes désormais. Les écoliers se rendant à l’école communale de Profondeville, les paroissiens se rendant à l’église, les voyageurs, les touristes et les ouvriers allant au travail empruntaient tous la barque du passeur d’eau.

Le passage d’eau à Tailfer.© 

A Frêne, E. Delmotte nous raconte que quand le fleuve était en crue, on partait des maisons pour accoster aux environs du monument. Et on embarquait du côté des longs prés pour atterrir au point de départ. Petites natures s’abstenir (E. Delmotte, extrait de Frêne, Editions ACEDI ; p. 45).

Un passage, généralement accompagnés de choucas s’oubliant un peu en plein vol et « gratifiant » les hôtes du passeur, endimanchés pour la messe ou la promenade dominicale, de leurs déjections.

  1. Mombaerts dans « A Profondeville » raconte :
    Au bas de la rue des Caquettes (rue Joseph Launoy), la longue barque amarrée du passeur d’eau nous attend. Tandis que, d’un geste cadencé, le passeur tirera sur son câble et que le clapotis des vaguelettes frappera les flancs de la barque, la traversée trop courte du fleuve nous laissera rêveurs devant un des plus beaux sites qui soit dans la vallée. Après avoir accosté près des maisons blotties assez hardiment au pied de l’imposante masse rocheuse, nous prendrons le sentier…

Le dernier passeur d’eau, présent encore dans la mémoire des anciens, était Albert Toussaint. Celui-ci, rétribué par l’Etat, faisait traverser la Meuse au pied des rochers de Frêne grâce à un câble et une nacelle jusqu’en 1969. Les anciens se souviendront des appels tonitruants lancés par les navetteurs pour appeler M. Toussaint qui tenait ses permanences au café de l’autre côté de la rive.

Madame Albert Toussaint (Photo “Vers l’avenir”) ©

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