Les grottes du belvédère

Sur la crête des rochers de Frène, à 83 mètres en aplomb, la taverne-restaurant du Belvédère tient en équilibre, au bord du vide, par on ne sait quelle magie d’architecture. Quoiqu’il en soit, l’établissement, en plus de vous procurer une vue panoramique, quelques moments de détente et d’enchantement, vous ouvre aussi l’accès aux grottes de Frène.

Un sentier part de la crête du Belvédère, s’enfonce dans un sous bois et passe, ensuite, devant « la Lunette ». C’est le vestige d’une ancienne caverne, détruite par la reprise d’érosion de la fin du Tertiaire. Avant que cette érosion ne commence son travail, le relief atteignait, à cet endroit, les huit à neuf cents mètres d’altitude, contre 168 mètres aujourd’hui.

Prenons les escaliers qui conduisent à l’entrée d’une grotte étroite qui se prolonge par un dédale étroit appelé « Trou des Nutons ».

Un peu plus loin, s’amorce la « Galerie de l’Ours » où, non seulement, des ossements de cet animal furent découverts mais aussi des bijoux provenant de nécropoles franques et romaines. Ces pièces sont exposées au musée d’Art et d’Histoire naturelle, à Bruxelles.

Continuons notre visite. Nous arrivons, maintenant, à la « Marmite des Géants », dont le nom fait référence à la légende. Ici, la salle atteint une hauteur de 14 mètres. C’est un formidable tourbillon d’eau qui l’a creusée et le phénomène reste unique en Belgique.

En progressant un peu plus loin, nous découvrons la « Grande Eglise ». C’est la plus grande salle de la grotte, celle où l’on cacha les reliques de saint Feuillen, durant les invasions barbares du IX ème siècle.

Le trou d’Haquin

Lustin regorge de grottes dans son sol. Mais la plus connue est le trou d’Haquin. Nous reprenons ici la description poétique faite par Camille Badot au milieu du siècle dernier:

Abandonnons quelque temps; ou quelques heures, pour le chercheur plus hardi, le chemin de Lustin, et après nous être enquis de la voie a suivre pour se rendre vers la grotte, dirigeons-nous par les champs, vers ce chantoir. Après avoir descendu le sentier de chèvres, nous nous trouvons brusquement, au détour d’un buisson, devant l’entrée principale de la grotte où se jette en cascatelles bouillonnantes le ruisseau, pareil au flots impétueux du Styx ou Charon manquerait au rendez-vous.

L’entrée du trou d’Haquin.(Crédit Ph.Gaëtan Rochez)

La visite souterraine de ce chantoir n’est pas sans offrir certaines difficultés.

Son ouverture basse, est écrasée sous la masse énorme d’un rocher. L’entrée mystérieuse, bien qu’insignifiante presque, ne laisse pas soupçonner les richesses qu’elle permet de découvrir.

Abîme immense qui pourrait rivaliser avec les plus belles grottes de notre pays, hormis Han, succession de descentes vertigineuses et sinistre, draperies calcareuses de toute beauté, cascades grandioses, lacs souterrains, stalagmites géantes, aiguigeois béants, éboulis, voûtes aux nombreux pendentifs rocheux, cheminées étroites, ruisseaux fantômes, voilà ce qui nous est offert lors de cette visite.

La salle ronde à l’entrée du trou d’haquin. (Crédit Ph.Gaëtan Rochez)

Promenade inoubliable, qui peut durer plus de onze heures d’affilée, ou de nouvelles découvertes peuvent journellement se faire, tel est le trésor naturel que la nature a façonné pour nous. (Camille Badot, Lustin, lieu de plaisance; ngm)

Le trou d’Haquin fut découvert par T. Polet en 1888. Très vite d’autres spéléologues découvrirent d’autres salles. C’est le cas en 1971 pour le Centre Routier Speleo qui découvrit une nouvelle partie appelée “Nouveau Réseau” et qui allait doubler la longueur connue de la grotte. Ensuite, en 1989, le SC Avalon offrit 200 nouveaux mètres appelés “Réseau X” aux amateurs. Enfin, en 1996, on découvrit une nouvelle cavité appelée affectueusement “Bibiche” près de l’entrée de la grotte.

La galerie des trompettes au trou d’Haquin. (Crédit Ph.Gaëtan Rochez)

L’entrée de la grotte ne fait qu’un mètre cinquante pour une longueur de 1704m et une profondeur de 56m. On y découvre des salles portant les noms de “Salle du Tunnel”, “Galerie des Trompettes”, “Salle de la Sentinelle”, “Salle d’Attente”, “Boite aux lettres”, “Paradis ou encore “Salle de l’Espoir” et “Salle de Minuit”.

L’accès est pour tous au prix de 16,11 euros par personne (avec assurance).

LE TROU ALEXANDRE

Une autre grotte qui attire de nombreux spéléologues est le Trou Alexandre dont nous reprenons ici aussi la prose de notre ami Camille Badot:

Parmi les grottes si nombreuses sur le territoire de Lustin, il en est une, très peu connue, et qui, cependant mérite une visite.

Le trou Alexandre. (Crédit Ph.Gaëtan Rochez)

Le Trou Alexandre, situé au pied du rocher du « Vi Tchestia », dans la propriété de Madame veuve Housiaux, au café des Rochers (n.d.l.r qui existe toujours), à Tailler, se ramifie sous la colline, sur une distance de près de 150 mètres.

Explorée pour la première fois par Monsieur P. Maréchal et Monsieur A. Harkin, ceux-ci, après de nombreuses péripéties, nous en ont dressé un plan très fidèle et nous en ont donné une description complète.

L’entrée, située au fond de la cour, est constituée par une large faille d’environ trois mètres de haut.

Immédiatement après l’entrée et pendant quelques mètres, on descend vers une petite salle d’où partent deux couloirs. Le premier, une cheminée bientôt inaccessible se dirige vers le haut du plateau et doit correspondre avec un aiguigeois. A gauche une galerie relativement praticable pour l’explorateur qui ne craint pas de se salir, nous conduit, après neuf mètres de reptation, à une nouvelle galerie à droite mais qui se trouve être inaccessible (…). Par la gauche, une cheminée, de moins d’un mètre d’ouverture et de près de six mètres de longueur, nous rend l’avance très pénible par suite de la raideur de sa pente et de son sol argileux détrempé. Après ce passage difficile, la galerie des Fonds Humides, plus large et où on peut circuler à son aise, débouche dans la salle des Fonds Humides. Dans celle-ci un petit couloir, à gauche, nous permet d’apercevoir le ruisseau souterrain qui circule sous ces grottes.

Par le Chemin Boueux, nous atteignons la salle de la Caracole où de nouvelles difficultés nous attendent. Pour pouvoir continuer note chemin, il nous faut, soit passer par le Bourbier, constitué par une sorte de dalle boueuse et de passage en forte pente et très raide, ou bien, prendre le chemin de la Caracole. Cette piste, dangereuse et montante, nous conduit au sommet d’un dos-d’âne, d’où deux petits couloirs bientôt réunis en un seul, le Goulot, doit probablement correspondre à une faille du rocher.

Continuons et descendons le versant opposé de la Caracole qui est prolongé par le Couloir des Arêtes.

A droite, le Trou du Chien, correspond avec le ruisseau, qui reparaît encore au bout du Couloir des Arêtes.

A gauche, la Voie Montante, très escarpée comme l’indique son nom, nous donne accès à un premier couloir. Le Casse-Tête, ainsi nommé par la configuration de sa voûte. Un tunnel arrondi et montant, ayant à gauche la Galerie des Draperies, nous amène à un gros bloc qui se rattache à la voûte haute de six mètres.

Par le Chemin du Ruisseau, très large, incliné et glissant, après être passé au dessus d’une crevasse, on descend dans la Salle des Blocs, la plus grande salle des grottes. Ses dimensions sont de l’ordre de: Longueur: 11 m.;. largeur: 8. m. 50 ; hauteur, 5 m.

Grand nombre de chauve-souris ont pris sa voûte comme refuge. Dans cette salle débouche également deux autres couloirs obstrués après quelques mètres.

Toujours par le Chemin du Ruisseau ; on dépasse la Salle du Ruisseau et on découvre le dernier couloir qui nous amènera au terminus de la promenade souterraine.

Encore six mètres de dures escalades, puis environ 15 mètres de glissades et nous voilà rendus au Chemin qui Roule dont les éboulis nous empêche de continuer et d’où il nous faudra retourner et parcourir tout le chemin déjà fait, pour revenir à l’entrée de cette petite grotte.

Nous aurons éprouvé beaucoup de fatigues et même une certaine angoisse dans maints passages difficiles, mais nous ne serons pas mécontents de cette petite expédition souterraine.

Lors de l’aménagement de la Route de Namur à Dinant , par Tailfer, et lors des travaux qui furent effectués au rocher de cet endroit, on mit à jour des ossements d’animaux préhistoriques, ce qui semblerait indiquer que le Trou Alexandre a été occupé par l’homme de l’âge de la pierre.

Le réseau de Frênes

Découverte en 1962 par Lucienne Golenvaux, la résurgence Lucienne, aujourd’hui “Réseau de Frênes”, à fait depuis lors l’objet de nombreux travaux menés par la SSN. Il se situe au dessus du tunnel de Lustin.

Résumons l’historique :

  • 1962 : découverte post-siphon de la Résurgence Lucienne et exploration jusqu’au siphon 4;
  • 1964 : exploration de la salle des Français et de la galerie SSN jusqu’au siphon 5;
  • fin des années ’60, début des années ’70 : prospection systématique par la SSN de tout le massif; de nombreux travaux de désobstruction sont entamés dans l’espoir de trouver une entrée supérieure;
  • 1972 : “Opération Lucienne”; les siphons 1 et 2 sont vidés grâce à l’appui de la Protection Civile; la SSN et le CRS explorent la cavité, en refont la topo, découvrent le réseau des Topographes, ainsi que le passage Bébert qui permet de shunter le siphon d’entrée.
  • 1973 : découverte, par la SSN de la Salle de la Cigogne;
  • 1980 : début des travaux à la recherche d’une entrée “hors tunnel”;
    1981 : re-topographie précise de l’aval de la Lucienne et de la grotte du Solitaire;
  • 1983 : travaux dans la grotte du Solitaire;
  • 1984 : l’accès au Solitaire est ouvert sur le plateau; début des travaux de jonction avec la Lucienne;
  • 1986 : découverte du réseau de la collaboration et réalisation, quelques mois plus tard, de la jonction tant attendue;
  • 1987 à 1989: re-topographie compèlète de la cavité;
  • 1989, 1990 et 1991 : expériences de traçage;
  • 1991 : étude géologique et géomorphologique par M. Vannasten.
  • 1996 et 1997 : plongées au siphon terminal
  • de 1986 à 1997 : gestion administrative de la cavité (accès et visites);
  • fin 1997… la SSN se voit déboutée de sa qualité de gestionnaire de la grotte. Voir les nouvelles du front

Printemps 1999 : La SSN ouvre une nouvelle entrée au réseau de Frenes
et retrouve un accès à la cavité qui lui avait été spolié précédemment.

Voir article: “Les spéléologues ont eu priorité sur les trains” parut en 1972 dans “la Dernière heure”.

Sources: www.ssn-speleo-namur.be

D’autres curiosités souteraines du village.

Le Trou des Nutons, le trou Covis, la caverne des Montys, la mine de
Tailfer.

La caverne des Montys.

La mine de Tailfer

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